23 octobre 2009
Appartement Décadentiste
J'entrouvre
la porte et j'entrevois la, dans le coin pétrifié de la pièce, un
christ nu, debout, les genoux vaseux, le regard vitreux,
la main droite, doigts tordus, masturbant la plaie abdominale, s'en échappe un constant filet de san...g alimentant le plateau de cuivre oxydé tenu de la main gauche.
Rouge sur verre de gris, clapotement indécis
mais la, dans la pénombre, à ses pieds, comme une portée avide ce ruant sur les mamelles de la mère, des dévots.
Ils
se disputent férocement le fameux fluide christique, usant des ongles
et des dents pour parvenir à se sustenter avec ferveur
Comme un
amas de chair ce tordant dans la poussière, la bave aux lèvres gercée
par l'adulation mystique, les yeux révulsés mais toujours muet comme
des tombes,
vampires je referme la porte.
Je demeure ici, dans un appartement vivant, qui respire et roucoule doucement.
Jamais jour, jamais nuit, ici baigne tout un doute, c'est entre deux
non, jamais sur, ici rien n'est certain
les murs vains rendent l'écho de leur passé qui n'a jamais été que rêvé
sous tes pieds de douces forets de coraux carmins, dansent et absorbent le féminin feutré de tes pas
il faut, sachez le, regarder entre les murs pour y voir, parfois des libellules léviter
pétales de turquoise en ébullitions
c'est d'un étrange
l'air est d'un calme pénétrant, comme en suspension, figé comme s'il nous susurrait
"aujourd'hui ne sera jamais plus hier"
28 juillet 2009
ROTHENEUF
Rotheneuf, il y avait un vieux curé, moitié fou, moitié branque...
tellement, tellement que, tellement qu'il eut fallut qu'il rencontre la pierre
pas le tendre marbre pour tailleur de beurre, j'veux dire pas pour des rital du genre petit marbre.
nan, le curé fou lui ce qu'il aimait c'était la falaise, le gros granit truffé de quartz qui t'émousse le plus téméraire des burin d'Héphaïstos
genre la caillasse bretonne qui te fracasse le marteau de Thor et qui te fend l'Escalibur
le curé secoué de la caboche, lui il parlait avec l'océan, le vent et la pierre.
le vieux qui fuyait de la cafetière il était tellement balèze qu'il avait prévu qu'un siècle plus tard, un autre pas trop du genre intelo viendrait s'assoir la, a coté de son portrait prémonitoire
saturons le plein du vide
Vision capitale, assis dans la distance entre le vent qui grince et la brume qui bave
Un instant dilué entre deux éternité
En cherchant mes pieds je n'y ait trouvé qu'un vague écho sans origine
Putain de salope de gravité !
26 juillet 2009
BREIZH ATAO
Une partie de la communauté des Bonnettes était en vadrouille en petite bretagne !
Delire sculpté de Rotheneuf, tempete de Frehel, temple de Lanleff, chaos de Huelgoat, mystique des enclos, magie de Brocéliande...
Beaucoup de souvenirs et autant de trous noirs !
MAIS
Etant un avide narcisse capitaliste, je cherchais, au fond une glauque flaque, mon reflet miroitant un hypothetique trésor.
Mon sort fut de recevoir, juste rétribution, un choc de pierre tranchant sur le dessus du crane.
Me laissant vacillant au milieux d'impapables papillons mauves.
Le sang versé sur la nuque, un troisiéme oeil scrutant par la plaie ouverte, les noirs et mouvants nuages !
Musée du Tabac de Bergerac
A bergerac, au détour de ruelles putrides de chaleurs, à l'ombre ou roucoule le délire caniculaire, ce dresse un temple ou les dragons viennent y mourir, cimetière d'éléphant d'écume et de bruyère.
J'y croise un Cyrano qui dressant les distances de sa protubérance nasale, me dit en passant, "met ta bouffarde au nioufs et garde tes volutes à l'intérieur de ta caboche !"
Stricto sensu, dans ce temple voué à la divinité NICOTANIA TABACUM, on y vit comme dans un doux formol aux relents sirupeux !
Pourtant devant moi, une masse vivante, des corps sauvages, pagnes antediluvien dansent une rythmique qui renverse le monde, le sacre du printemps des ages !
La sulfureuse NICOTIANA TABACUM ce répend dans leurs veines, nourit leur esprit et fait divaguer l'athmosphere qui vacille au rythme des espaces temps syncopés...
Fumer tue la surface des choses, fumer est corosif et ronge la mince pelicule du réel.
Les sauvages achevent leur transe à la lithurgique acide...
et pendant un court instant je suis un faune au regard extatique, je suis une pieta à moi tout seul.
Un concert d'ange roucoulant de la vapeur constitue mes ramures.
Je suis CERNUNOS
jamais plus le reflet de l'horizon dans mon regard
15 avril 2009
je suis une chenille fumant le hookah
j'ai tellement jouis sur ce tourniquet cramoisis
que mes yeux de derrière la tête
ont vomis leur rancœur envers le palais du tyran
une fois descendu, la tête a l'envers, j'ai couru aussi vite
que mes mains froide le permettaient
j'ai ainsi parcouru des champs d'orties parsemé de pivert piaffant au vent
lorsque je fut enfin arrivé face au trône, la a l'horizon
j'ai craché mon venin de sous mes ongles
le tyran, ainsi touché, c'est effondré lentement, la bouche béante
laissant sous sa carcasse une vague flaque bleue qui devint rapidement un torrent
dans lequel je me précipitait en riant
tout autour de moi les gens ce noyaient en chantant
moi je fermait les oreilles et flottait
en contemplant paisiblement le ciel ou s'ébattaient albatros siamois et nuages vaporeux
j'aimerai arracher des morceau de mer
comme le sculpteur mutile le marbre
et m'en faire un collier vibrant
je passerai un fil d'or dans ces morceaux vivants
et leur apprendrais a ce tenir convenablement autour de mon cou
si d'aventure j'avais soif rien ne m'empêchera d'en boire un peu
arrachons aussi au ciel ce qui le rend si opaque
nous pourrons tous passer la tête au dessus et contempler le plein du vide
y cueillir toute les myrtilles cosmiques que nous voudrons
faire de la confiture avec et s'en enduire le corps pour s'envoler
mais attention car le plein du vide est le lieu ou l'on ce perd le plus facilement
dieu en a une carte mais lui seul sait la lire
certains disent l'avoir vu y cultiver des artichaut carnivore
dont il se sert pour assouvir ces pulsions malsaines en leur donnant en pâture
des grenouilles auxquelles il a au préalable arraché les pattes de ces dents pourtant si blanches
un jour viendra ou nous volerons la carte au vieux
nous apprendrons à en déchiffrer le sens
et vengerons les batraciens en faisant pousser des champs de sangsues velues
dans lesquels nous pousserons le vieux gâteux qui s'y fera jusqu'à la moelle pompé
nous chevaucherons des lors des montagnes fleuries
et de leur cime nous laisserons nos corps glisser jusque dans d'extraordinaires vallées
jardins gigantesques dont nous nous enivrerons de leur sucs et de leur nectars vivifiants
de gigantesques feuilles turquoises et veloutées nous servirons de couche
tandis que les pistils enflammés nous donnerons l'immortalité de l'instant
des racines les plus profondes aux branchages les plus haut nous serons partout
simultané comme l'oiseau et son chant
comme la mer et son écume
comme le vent et son souffle
Dans une ruelle de mon enfance,
nuée d'asticot pourpres grouillant au sol,
je saute en dansant avec l'air,
flottant presque, je retarde à chaque saut mon retour sur terre
sur mon genoux droit un furet dors
des chiens aboient, menacent
mais je m'en moque, j'ai tué l'apesanteur
au dessus de la foret qui nage à l'horizon
une statue accroupie flotte paisiblement
c'est un dieu que je vois la
DONNE MOI DES BRAS
POUR QUE JE M ENFUIE
DONNE MOI LA FUITE
POUR QUE JE REVIENNE
lance une fléche aux travers de ta langue
et avale sans réfléchir le sang
la déesse qui dansait la nue frénétique ta cracher sa morve au nez
et tu en profite pour lui rétorquer un grand coup de martinet d'en travers de la moelle
les corbeaux chantent et les pâquerettes font vibrer les caisses claires
le camembert moisi au sol et le renard préfère brouter l'herbe bleu
ô si tu savais comme l'air est électrique si stimulant que s'en est éclectique pour mes sentiments
et sans te mentir à toi qui sait si bien que le persiflage des sonneurs de timbale et vain, j'aimerai franchement être à la masse
mais rien ne presse, tout du moins autre que mes palpitations contre le béton dur et froid du mur, rien ne presse
des fois on s'oublie à s'endormir contre ces murs qui absorbent notre chaleur
ils en scuintent d'extase, ô les salopards
si seulement j'étais à la masse, ils sentiraient de mon burin
venir les titiler jusqu'au nerf sensible de la rupture architectonique
ô les salopards, il faudrait que les murs aillent en s'abatant,
ainsi plus rien ne nous ferait obstacle sinon nous même au travers des autres
le télescopage des être fait des étincelles
la mort et la luxure
la luxure et la mort
sa ce gribouille sur de noirs parchemins
et sa ce digére toute une vie durant
comme une gueule de bois qui n'en finirait pas
le ciel crache son venin sur la table à laquelle je suis acoudé,
et pendant que j'evite de justesse de m'y noyer, mon voisin qui lui préfére pécher la brebis dans les yeux des passants,
lance de l'amorce sur le troitoir lézardé ou les fourmies copulent en silence
dansons avec la mort autour d'une carcasses aux doigts noués
la mer est rousse, et roule dans ces dentelles un florilège de nacre
jamais si je m'en vais, rappel moi d'y rester
tout du moins jusqu'à l'heure belle, ou du haut des nuages, le soleil vert plonge et viole la rousse
les points blanc qui percent ces visions ça ne vaut pas les ballets russes qui dansent dans mes veines
fantaisie laiteuse le long de l'aigreur de ton regard
c'est comme si tes doigt tremblaient et suintaient à la folie entre tes cuisses
sans fond à la beauté fatale
sent comme sa brule comme sa danse sur ta langue déplumée ou la roche coule au milieu de tes nuages
si on pose sur une table un œil il vous regarde et nous fait sentir petit au milieu de la foule intérieur
qui toujours derrière toi te souffle un air gras et humecte ta nuque d'un humus putride
si tu lance cet œil au loin, tu le vois rouler et disparaitre à l'horizon,
mais très vite aussi tu sent une boule qui gonfle et monte en toi
tu croit que tu crache ta tumeur
mais c'est encore cet œil qui te scrute sans susurrer le moindre mot
donne moi ta main blanche pour que j'y laisse les traces délicates de mes dents
ce matin, si laiteux
au réveil les rideaux flottaient entre la lumière et les ténèbres
un doux halo au dessus de moi s'ébattait
un nœud de courbes fantomatique
une pâleur à faire chavirer les lits dans de noirs abimes
les murs embrumés s'effilait laissant derrière leur salpêtre souvenir
et mon regard avec eux s'évanouissait de nouveau
pour retrouver hagard la fade raideur de notre réel
la beauté s'arrache de nos corps
dilués dans l'atmosphère sirupeuse de l'instant
un chien mort aux yeux vivants
embrasse mon reflet dans la flaque imperméable ou ce noient les futiles odeurs des passants
chienne vivante aux yeux morts
j'entends déjà tes os craqués
je suis un univers
qui dans un champ ocre, trace une plaie, sillon de labour
que tentent d'aplatir, les fourmis, à l'aide de petites cuillères rouillées
des serpents dansent et s'étranglent dans les nuages chargés d'électricité
on leur lance de pourpre cailloux qui disparaissent comme absorbés dans la distance
Toma Brü No Erik
24 mars 2009
JAZZ !
Découvrez Sun Ra & His Intergalactic Arkestra!
13 février 2009
Retour de la mer... 2003
Une nostalgie trempée
dans un train
aux rideaux rouge
rentrant
d'une mer grise
15 décembre 2008
BRUGES LA MORTE
"Et, dans le silence, arriva un bruit de cloches, toutes les cloches
à la fois, qui se remirent à tinter pour la rentrée de la procession à
la chapelle du Saint-Sang. C’était fini, le beau cortège… tout ce qui
avait été, avait chanté.— semblant de vie, résurrection d’une matinée.
Les rues étaient de nouveau vides. La ville allait recommencer à être
seule.
Et Hugues continûment répétait : « Morte… morte… Bruges-la-Morte… » d’un air machinal, d’une voix détendue, essayant de s’accorder : « Morte… morte… Bruges-la-Morte… » avec la cadence des dernières cloches, lasses, lentes, petites vieilles exténuées qui avaient l’air — est-ce sur la ville, est-ce sur une tombe ? — d’effeuiller languissamment des fleurs de fer !"
Bruges-la-Morte
Georges Rodenbach
1892

